dimanche 3 février 2013

LE DIABETE : PLUS QU'UN TRAITEMENT RIGOUREUX, UNE VERITABLE RENAISSANCE


Aussi réel qu’il puisse l’être, le réveil est l’instant magique qui en toute circonstance, puisse dessiner les grandes lignes de votre humeur de la journée. Cet instant, routinière de nature peut être enjolivé par un bon petit déjeuner, une bonne bouffé d’air frais pour compléter le regain d’énergie salutaire procuré par la nuit. Mais pour certains, pour achever cette frénétique peinture, une bonne dose d’insuline est nécessaire. Eh oui, cet élixir s’est depuis peu taillé une place de choix dans le quotidien de plus de 30 millions de personnes à travers le monde. Ce précieux médicament qui s’injecte par la peau doit sa concoction à Frederick Grant Banting et Charles Best. Ces derniers ont vu leur travail amélioré par J. B. Collip, le rendant pur et utilisable à des fins thérapeutiques. Ainsi, depuis près de 80 ans l’insuline est un élément incontournable de l’arsenal de lutte contre ce trouble métabolique qu'est le diabète.

Avant de se plonger dans les sinueux détails de la physiopathologie et du traitement de cette maladie, portons un regard sur les données épidémiologiques mondiales. Selon l’OMS, il y a 346 millions de diabétiques dans le monde. En Haïti, ils sont plus de 300.000 à en souffrir et des milliers d’autres qui ignorent leur maladie. Aux Etats-Unis, les chiffres avoisinent les 26 millions. En 2004, le diabète a été l’égorgeur de 3.4 millions de gens dans le monde, et 80% de ces trépassés ont vécu dans des pays en voie de développement. Et si nous nous accentuons sur des différentes tranches d’âge, nous dirons que la prévalence pour un âge inférieur a 50 ans serait de 1 a 2%, pour un âge situé au delà de 60 ans, nous comptons 10%, et 20% pour ceux ayant plus de 70 ans. Selon une étude réalisée en France concernant la période allant de 2007 à 2010, 76,1% des diabétiques auraient le type 2 (étude Entered). Haïti n’étant guère épargné de ce fléau, a aussi fait l’objet d’étude de la sorte. La dernière en date, baptisée PREDIAH (2006), est celle commanditée par la FHADIMAC, publiée dans le « Diabetes and Metabolism journal ». Elle s’est penchée sur les anomalies de la tolérance glucidique ainsi que les autres facteurs de risque cardiovasculaires en Haïti. Réalisée dans la région métropolitaine de Port-au-Prince avec un taux de réponse de 69%, L’étude relate donc une prévalence à 4.8% chez l’homme et 8.9% chez la femme (après ajustement de l’âge).


Comment devient-on diabétique ? Tout porte à croire que cette pathologie a priori est le fruit d’une diète alimentaire mal conduite, mais il y a toute une pléiade de situations complices dans l’avènement de ce mal tant chez les enfants que chez les adultes. Le diabète de type 1 est par défaut une maladie juvénile. Pour sa part, il ne représente que moins de 20% de la totalité des diabétiques à travers le monde. Aussi reconnu sous le vocable de diabète insulino-dépendant(DID), est la conséquence d’une destruction des cellules Bêta des îlots de Langerhans, ces petites cellules magiques productrices de l’insuline. La cause d’une telle destruction s’explique par des phénomènes auto-immuns, mettant en jeu des auto-anticorps qui témoignent une redevance a des facteurs génétiques. L’expression d’une telle affection passe par une polyphagie, une polyurie, une polydipsie, une fatigue intense pour ne citer que cela, et le remède à ces méfaits restent l’insuline.

Le type 2 par contre se rencontre majoritairement chez les plus de 25 ans. Il s’identifie à une résistance à l’insuline et une carence relative de sécrétion d’insuline, ainsi qu'une apoptose avancée des cellules Beta (l’une ou l’autre de ces deux caractéristiques pouvant dominer à un degré variable). Ce diabète peut en outre s’immiscer dans un syndrome métabolique connu aussi sous le nom de syndrome X ou l’obésité androïde est sévèrement incriminée. Son traitement passe par les antidiabétiques oraux et dans les cas avancés peut nécessiter l’adjonction d’insuline.
Nous dénombrons plusieurs autres types de diabète comme la forme gestationnelle ou encore le MODY. L’origine médicamenteuse ou même infectieuse (rubéole congénitale, CMV) n’est pas écartée pour certaines manifestations intéressant la glycémie.

Apres ce tremplin dédié a l’avènement et aux manifestations de la maladie diabétique, penchons nous sur les différents techniques et suivis élaborés dans le cadre du traitement de ce trouble. Aborder la question de thérapeutique pour le diabète est une réalité qui recèle de perspicacité et d’intrépidité à nulle autre pareille. Pour mieux dire, le diabète se veut une maladie qui se charge de forger dans l’ordre du naturel, un comportement disciplinaire inflexible, bien conduit, destiné à éconduire ces véritables cerbères géniteurs des différentes complications conduisant le plus souvent au trépas. Ce traitement est donc un compromis entre la prévention des complications aiguës ou chroniques et la qualité de vie du patient.

Somme toute, la survie ou plutôt la nouvelle vie d’un diabétique s’articule autour de trois principes consistant à l’équilibration la glycémie, au discernement et à la conjuration des complications, et à la rigueur et constance d’un suivi multidisciplinaire. Cette compensation glycémique passera par les règles hygiéno-diététiques, l’éducation du patient et le traitement médicamenteux ou invasif.

Nous n’allons pas nous évertuer à décrire de manière fidèle et exhaustive, ces méthodes qui pour certains ont fait couler beaucoup d’encres et pour d’autres engloutis des millions en dépense, mais nous soulignerons la discipline et les contraintes qui se retrouvent sur la voie du traitement surtout pour les diabétiques haïtiens.

Tout d’abord, le diabétique au lendemain du diagnostic de sa maladie se voit dans l’obligation de modifier sa diète alimentaire. Il est peut être aisé à un petit homme assez menu, aux habitudes alimentaires assez légères de modifier sa diète pour des circonstances particulières mais cette besogne pourrait s’alourdir pour quelqu’un faisant au moins 250 livres avec un tour de taille avoisinant les 120 centimètres… bref juste pour mettre l’emphase sur l’importance d’une alimentation équilibrée car il est au summum de l’avenir d’une telle pathologie. Ainsi, les règles hygiéno-diététiques permettent d’équilibrer la glycémie, du même coup de prévenir la survenue des complications et de favoriser le suivi au long cours.

Du point de vue énergétique, l’alimentation du patient diabétique s’adapte au poids, à l’âge et à l’activité physique  En moyenne, l’apport glucidique vaut 55% de la ration alimentaire et elle proscrit les aliments à index glycémique élevé. Celle des lipides est estimée à 30% en ayant soin de privilégier les acides gras insaturés et les oméga-3. L’apport journalier en cholestérol est inférieur à 300mg/jour. Les protides se consomment à 15% par jour. Le respect des rations proposées doit par ailleurs se coupler naturellement au respect des horaires pour les repas.

L’activité physique, même pour un organisme bien portant, est salutaire. Pour le diabétique,  s’adonner à quelques moments d’exercices physiques journaliers peut procurer des bienfaits inouïs tant pour la santé que pour l’avenir de sa pathologie. Lors d’une campagne antidiabétique organisée par la FHADIMAC pour la commémoration de la journée consacrée aux personnes atteintes de cette maladie, l’équipe organisatrice s’est payé le luxe d’une petite démonstration avec les participants. Un échantillon d’une trentaine de personnes diabétiques, après 15 minutes de marche, se sont émerveillées de voir leur chiffre de glycémie se diminuer considérablement. Donc, 3 séances de marche par jour suffisent pour faire diminuer les besoins en insuline de l’organisme. Toutefois ces activités doivent être prescrites et régulées par un praticien car elles peuvent être une arme à double tranchant à cause des accidents cardio-vasculaires et des crises d’hypoglycémie qu’elles peuvent engendrer, pour ne citer que cela.

L’utilisation des molécules a toujours été du dernier recours dans la lutte anti diabétique. Cette précaution dégage toute sa légitimité quand nous abordons les différents effets secondaires des ADO (antidiabétiques oraux) contribuant définitivement à mettre au repos le pancréas. C'est dans cette optique que le schéma thérapeutique standard place les ADO en deuxième intention, après l'échec des règles hygiéno-diététiques. En Haïti, étant donné que les médecins se heurtent constamment aux négligences des patients par rapport à ces mesures salvatrices, ils sont souvent contraints à administrer les médicaments en tandem avec les mesures d'hygiènes et diététiques. Le diabète de type 2 vu son mécanisme d'avènement, à savoir l'insulinoresistance et la diminution de la sécrétion d'insuline, dispose d’un éventail de molécules. Jusqu'à date comme insulinosensibilisateurs nous connaissons les biguanides, notre fameux metformine. Les insulinosecreteurs sont les sulfamides, les glinides, les inhibiteurs de la dipeptidyl-peptidase-4 (DPP4) et les agonistes du GLP-1. L’insuline est utilisée à une phase tardive de la maladie quand les molécules n’auront plus d’effet.

Le diabète de type 1 fait montre de la même rigueur pour les mesures hygieno-diététiques, mais la molécule thérapeutique reste l’insuline. Cette dernière, dans la recherche d’une forme d’utilisation efficiente, se voit divisée en plusieurs types, comme la forme retard, intermédiaire, rapide ou ultra rapide. Toute une éducation est nécessaire pour l’adjonction de ces médicaments car elle également, peut être source de pépins assez gênants (lipodystrophie...).

Loin de prétendre vous inculquer les différentes méthodes thérapeutiques du diabète, cette longue digression a voulu précisément toucher l’aspect rigoureux que réclame une telle pathologie. Mais comme on peut le prétendre tous, une telle constance de traitement se verra toujours limité a l’aspect économique de la question. Sachant qu’une boite de metformine de 850mg peut coûter jusqu'à 800 gourdes et que celle-ci s’épuise au bout de 15 jours et sachant que la prévalence de la maladie avoisine en moyenne 6% sur le territoire, avec une population majoritairement démunie, il n’est pas étonnant de constater que les complications a court ou a long terme se veulent souvent des chemins tout tracés vers la tombe même pour des patients éduqués. Ce sont la de tels soucis qui même dans l’espace d’un cillement, hantent tout individu auquel son statut de diabétique vient tout juste d’être mis à découvert. Ce nouvel état qui le distinguera définitivement du plus commun des mortels : être diabétique c’est renaître de discipline et d’intrépidité sans pareil.  

Roody Ménager 
D4-FMSS/UNDH

RÉFÉRENCES
  • Anne Fagot-Campagna, Isabelle Romon, Sandrine Fosse, Candice Roudier, Prévalence et incidence du diabète, et mortalité liée au diabète en France Synthèse épidémiologique, Institut de veille sanitaire.  Novembre 2010. 12 p
  • Fischer-Ghanassia Patricia, Ghanassia Edouard. Endocrinologie nutrition 6ème  éd.  Paris : Vernazobres-Grego 2012, 512 p
  • Pr. Gerard Reach. Les diabètes en perspectives comprendre pour traiter. 63 p
  • Professeur Charles Caulin. Vidal Recos recommandations pratiques 4ème éd. Paris : Flammarion,  2012, 2022 p 
  • G. Herold. Medecine interne le guide de l’interne. 4ème éd. Allemagne : De Boeck Université, 2012, 953 p
  • Perlemuter Léon, Perlemuter Gabriel. Guide de thérapeutique. 6ème éd. Paris : Elsevier Masson, 2010, 2218 p
  • Jean-Baptiste ED , Larco P , Charles-Larco N , Vilgrain C , Simon D ,Charles R. Glucose intolerance and other cardiovascular risk factors inHaiti. Prevalence of Diabetes and Hypertension in Haiti (PREDIAH) Diabetes Metab 2006
  • http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs236/fr
  • http://www.cdc.gov/diabetes/


mardi 18 décembre 2012

CONJONCTIVITE



C’est l’inflammation ou l’hyperémie de la conjonctive. Il y a trois principales étiologies qui sont : infectieuse, allergique et chimique. Généralement la conjonctivite est aiguë  mais toutefois, elle peut devenir chronique jusqu’à causer de graves complications.

ÉTIOLOGIES ET MANIFESTATIONS CLINIQUES


CONJONCTIVITE INFECTIEUSE
  • Bactérienne : Staphylocoque aureus, Streptocoque pneumoniae, Neisseria gonorrhoeae,  Neisseria meningitidis.                                                                             Chlamydiale : Chlamydia trachomatis (Conjonctivite à inclusions)
  • Virale : Adénovirus types 3, 7 et 8 ; herpès simplex 1

SYMPTÔMES :
  • Hyperémie de la conjonctive d’où l’appellation en français « œil rouge » ou en anglais « pinkeye »
  • Prurit oculaire
  • Sensation de corps étrangers
  • Sécrétion conjonctivale
La sécrétion conjonctivale de la conjonctivite bactérienne est souvent purulente collant les paupières, il n’y a pas de douleurs tandis que celle virale la sécrétion est aqueuse et abondante. Chez les enfants, si c’est due aux adénovirus elle est accompagnée de fièvre, de pharyngite, et d’adénopathie pré- ou rétro-auriculaire.

CONJONCTIVITE ALLERGIQUE

Hypersensibilité aux :
  • Pollen, herbes, moisissures, allergènes saisonniers non connus, poils d’animaux,
  • Poussières, fumées, squames
  • Médicaments à application locale, produits cosmétiques, tissus.
  • Verres de contact ou autres solutions


SYMPTÔMES :
  • Hyperémie de la conjonctive d’où l’appellation « œil rouge »
  • Prurit oculaire
  • Larmoiement
  • Parfois photophobie associée
La conjonctivite allergique est bilatérale et se manifeste par une sensation de brulure oculaire intense

CONJONCTIVITE CHIMIQUE

Réactions  chimiques :
  • Irritants environnementaux (vents, poussières, fumées, chlore des piscines)
  • Irritants comme les acides ou bases

CONJONCTIVITE NEONATALE
Celle-ci est acquise dans les voies génitales infectées de la mère
  • Neisseria gonorrhoeae : survenant 2 à 5 jours après la naissance.
  • Chlamydiale : Chlamydia trachomatis (Conjonctivite à inclusions) survenant 5 à 15 jours après la naissance
  • Herpès virus hominis de type 2 (agent de l’herpès génital) : conjonctivite avec présence kératite dendritique
  • Haemophilus influenzae : responsable dans 15% des cas.

DIAGNOSTIC
  • Frottis conjonctival et culture de la sécrétion conjonctivale, antibiogramme
  • Recherche de l’allergène car la conjonctivite peut être isolée ou associée à d’autres affections allergiques particulièrement l’asthme ou la rhinite allergique.

TRAITEMENT

Conjonctivite bactérienne :

Instillation de collyre  ou de pommade contenant un antibiotique selon le germe en cause.

Conjonctivite allergique :

  • Eviction ou élimination  de l’allergène, un antihistaminique H1 par voie orale, associé à un collyre neutre  ou à un collyre antiallergique.
  • Dans les cas graves, collyre contenant un corticoïde pendant quelques jours sous contrôle de tension intra-oculaire. Eviter de prolonger ce traitement au long cours à cause du risque d’avoir une cataracte cortisonique.
  • Port de verres de contact est déconseillé.

Conjonctivite Virale

C’est symptomatique : Lavages avec soluté salé isotonique aux larmes. Il consiste à limiter la transmission ou la contamination de l’autre l’œil.


PRÉVENTION 

  • Mesures d’hygiène pour éviter la contamination des yeux (lavage des mains, mouchoirs jetables)
  • Instillation à la naissance de collyre au nitrate d’argent à 1% ou à la tétracycline pour prévenir la conjonctivite néonatale.

Edmond Gassendy Arthur
D4-fmss-UNDH


REFERENCES

  • FATTORUSSO V. et RITTER O., « Vademecum Clinique du diagnostic au traitement » 17e ed, Masson, p 1630-1632.
  • THIBODEAU, G. A. and PATTON, K. T., « The human body in health and disease », 5th ed., MOSBY Elsevier, p 289-290.
  • Williams and Wilkins Lippincott, « Atlas of Pathophysiology », 3 rd ed, Wolters Kluwer health, p 410.

dimanche 9 décembre 2012

HERPES




Herpès génital

L'herpès génital est une infection courante et contagieuse généralement transmise sexuellement. Elle est causée par le virus herpès simplex 2 (HSV-2) et certaines fois par le virus Herpès simplex 1 (HSV-1) qui est habituellement responsable de l'herpès labial.
Le HSV a une large distribution sur le globe. Il est présent dans tous les pays. La prévalence du HSV2 est de : 
  • 5 à 15 % en Europe de l’Ouest et au Japon
  • 10 à 30 % aux États-Unis, en Europe de l’Est
  • 30 à 50 % en Amérique du Sud
  • 40 à 80 % en Afrique Centrale et en Afrique du Sud
En Haïti, une enquête de séroprévalence réalisée en 1992 démontre que le HSV-2 est présente chez 88% des femmes séropositives et chez 54% des femmes séronégatives.
Selon une autre enquête datée de 2008, 22% des prostituées des Gonaïves et de Saint-Marc sont infectées par le HSV-2.


Le HSV2 est responsable de 90% des cas d’herpès génital. 107 millions de personnes sont infectées dans le monde et plus de 400.000 personnes sont infectées  chaque année.
16.2% des adultes sexuellement actifs aux Etats-Unis sont infectés.
Le HSV-1 cause principalement des infections orales chez l’enfant. L'infection au Virus Herpès simplex 2 est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Elle se transmet plus facilement des hommes aux femmes que des femmes aux hommes. 


GENERALITES SUR LES HERPESVIRIDAE

La famille des Herpesviridae comporte près de 120 herpèsvirus. Les 8 herpesvirus strictement humains sont répartis dans les 3 sous-familles des Herpesviridae


Alphaherpesvirinae
-         Le virus de l’herpès proprement dit, ou herpès simplex virus (HSV), de type 1 ou de type 2 (HSV-1 ; HSV-2)
-         Le virus de la varicelle et du zona ou herpesvirus varicellæ (VZV)
Betaherpesvirinae
-         Le cytomégalovirus (CMV)
-         6e et 7e herpès virus humains (HHV-6, HHV-7)
Gammaherpesvirinae
-         Le virus EPSTEIN-BARR ou virus E-B (EBV)
-         Le 8e herpès virus humain (HHV-8)


HERPES SIMPLEX VIRUS TYPE 1 ET TYPE 2 (HSV-1, HSV2)

Ce sont des virus dermo-neurotropes donnant après la primo-infection une infection latente dans le ganglion sensitif du territoire de la primo-infection. C’est le ganglion de Gasser après primo-infection orale par HSV-1, les ganglions sacrés après primo-infection génitale par HSV-2. Cela assure la persistance du virus dans la population. A partir de ces sites d’infection latente peuvent survenir des réactivations conduisant à des poussées d’herpès récurrent (ou récidivant) ou à des excrétions asymptomatiques de virus dans la salive ou les sécrétions génitales. Cela assure la dissémination de l’infection aux personnes réceptives.


TRANSMISSION DE LA MALADIE

Le HSV-1 et le HSV-2 sont transmis par contact direct, y compris les baisers, les contacts sexuels (vaginales, orales ou anales). Ils sont aussi transmis par contact avec les lésions, les muqueuses, les sécrétions génitales.
L'herpès génital peut être transmis avec ou sans la présence de plaies. Il est souvent transmis par des gens qui ne savent pas qu'ils sont infectés.


SYMPTÔMES DE L’HERPES

La période d'incubation du Virus Herpès Simplex varie de 2 à 20 jours après le contact. La plupart des personnes infectées par le HSV-1 ou HSV-2 sont asymptomatiques ou présentent des symptômes très légers qui passent inaperçus. 81.1% des personnes infectées ignorent leur infection. Les symptômes, quand ils sont présents, sont plus sévères chez les femmes.

Au stade primo-infection, on peut avoir : 
  • Vulvo-vaginite
  • Méningite, myélite transverse, radiculopathies sacrales
  • Kérato-conjonctivite unilatérale aiguë
  • Formes graves (immuno-déprimés, Nouveaux nés)
Apparition d’une ou de plusieurs vésicules sur les organes génitaux ou au des lèvres.
L’herpès génital récurrent survient suite à une baisse du système immunitaire liée au stress, aux infections, … Les lésions surviennent au même endroit que la primo-infection.


COMPLICATIONS DE L’HERPES

Elles surviennent chez les immunodéprimés et chez les nouveaux nés. Elles comprennent :


  • Des ulcérations génitales douloureuses évoluant sur plusieurs mois 
  • Des lésions de la langue qui peuvent se présenter comme une glossite
  • Des lésions herpétiques des muqueuses peuvent servir de porte d'entrée pour des infections bactériennes.
  • Des complications oculaires telles : la conjonctivite, la sclérite, Kératite sévère et nécrose rétinienne.
  • Herpes simplex virus est une cause importante d'encéphalite 



HERPES NÉONATAL

Herpès néonatal

Les premiers signes cliniques surviennent 4 à 14 jours après la naissance. On distingue trois formes cliniques :
  • Forme disséminée hématogène (20 à 60%) avec une mortalité de 40 à 70%
  • Forme neurologique (30 à 40 %)
  • Forme localisée cutanée ou muqueuse (30 à 40%), la mortalité associée est presque nulle.


LIEN ENTRE L'HERPES GÉNITAL ET LE VIH

Les muqueuses vaginale et buccale saines offrent une grande protection à l’organisme face à de nombreuses infections. Les ulcérations génitales causées par l'herpès augmentent les risques de contracter l'infection au VIH par voie sexuelle. Elles l’augmentent de 2 à 4 fois plus.


GROSSESSE ET HERPES GÉNITAL

Une mère infectée peut transmettre le virus à sa progéniture lors de l’accouchement. L’infection peut-être grave et entraîner un herpès néonatal. Ainsi le dépistage chez la femme enceinte est salutaire. Les femmes enceintes doivent éviter tout rapport sexuel avec des partenaires suspectés d’herpès génital.

TRAITEMENT DE L’HERPES

La prise en charge de l’herpès repose sur la prise d’antirétroviraux.
  • Dans les cas de primo-infection, l’Aciclovir est le médicament de choix
  • Dans les cas d’herpès génital récurrent, on utilise Aciclovir, Valaciclovir, Famciclovir
  • Chez les femmes enceintes avec herpès génital, la prise en charge repose sur l’Aciclovir à partir de la 36ème semaine de gestation jusqu'à l’accouchement.
Si des lésions herpétiques persistent pendant l’accouchement, une section césarienne est indiquée pour prévenir la transmission de HSV à l'enfant.


PRÉVENTION DE L’HERPES

  • Utilisation correcte et systématique des préservatifs
  • Ne pas avoir de relations sexuelles (Abstention)
  • Fidélité entre les partenaires
  • Les personnes atteintes d'herpès doivent s'abstenir de toute activité sexuelle avec des partenaires lors de plaies ou d'autres symptômes de l'herpès sont présents.

La présence d'un ou des symptômes mentionnés ci-dessus  doivent attirer votre attention et vous  pousser à voir votre médecin pour meilleure prise en charge

Dyemy Dumerjuste
D4-Fmss-UNDH

REFERENCES

http://www.chups.jussieu.fr/polys/viro/poly/POLY.Chp.2.html
http://www.webmd.com/genital-herpes/guide/genital-herpes-testing

vendredi 2 novembre 2012

SYPHILIS




La syphilis est une infection sexuellement transmissible causée par une bactérie, Treponema pallidum. Elle figure parmi les IST les plus fréquentes chez les jeunes. A long terme, ses complications sont graves voire mortelles. Les femmes enceintes peuvent la transmettre leur progéniture
Selon l’OMS, La syphilis touche 12 millions de personnes dans le monde chaque année. Aux Etats-Unis en 2010,  il y avait 45.834 nouveaux cas de syphilis, contre 48.298 estimés nouveaux diagnostics d'infection à VIH et 309.341 cas de gonorrhée.
En Haïti, la prévalence de la syphilis était estimée à 3% en 2003 selon le GHESKIO. Le MSPP, le GHESKIO et d’autres partenaires travaillent pour réduire la prévalence de cette IST à 1.3% d’ici 2013, ce qui reste à vérifier sur le terrain. Chez les femmes enceintes, la catégorie qui peut transmettre la syphilis à leur progéniture, sa prévalence était estimée à 5,6% en 2008.

La syphilis peut être transmise : 
  •  Lors d’un rapport sexuel : Plus de 90% des cas
  • Par voie trans-placentaire : Une femme enceinte peut la transmettre à n’importe quel stade de la grossesse 
  •  Lors d’une transfusion sanguine

La période d’incubation de la syphilis est de 10 à 90 jours. Mais les premiers signes de la maladie commencent à se manifester vers la troisième semaine après l’infection.

CLASSIFICATION DE LA SYPHILIS
On distingue : 
  • Syphilis précoce : syphilis primaire et secondaire, syphilis latente de moins de 1 an d’évolution pour le CDC et 2 ans pour l’OMS
  • Syphilis tardive : syphilis tertiaire, syphilis latente de plus de 1 an d’évolution pour le CDC et 2 ans pour l’OMS, ou indéterminée
  • Neuro-syphilis 
  • Les autres formes : Syphilis chez la femme enceinte, Syphilis congénital, syphilis chez le HIV+

LA SYPHILIS PRIMAIRE
Chancre syphilitique
Elle apparaît 3 semaines après l’infection, elle a pour caractéristique principal : Le chancre syphilitique et son adénopathie.
Le chancre syphilitique est une exulcération de petite taille, elle est habituellement unique, indurée et indolore. Chez l’homme, il peut siéger dans le sillon balano-préputial, plus rarement sur le gland ou le fourreau. Chez la femme, il apparaît parfois sur la partie externe de la vulve mais le plus souvent sur le vagin ou le col utérin et comme il est indolore, il passe alors volontiers inaperçu.
Dans les 2 sexes, le chancre passe inaperçu, en plus il guérit dans 3 à 6 semaines avec ou sans traitement. Si le traitement adéquat n’est pas mis en route, le stade primaire évolue le stade secondaire.

LA SYPHILIS SECONDAIRE
Lésion palmaire
Elle apparaît 3 à 10 semaines après l’apparition du chancre et dure de 4 mois à 2-3 ans. Il s'agit de la généralisation du tréponème par voie sanguine.
Elle se manifeste par la roséole et les syphilides.
La roséole se manifeste par de multiples éruptions sur la peau et sur les muqueuses sans démangeaison. Ces lésions peuvent se voir sur les paumes et la plante des pieds, mais encore sur le torse ou le dos, ce qui est assez rare pour une éruption dermatologique.
Des syphilides sont retrouvés, au niveau du visage, des paumes des mains et des pieds, et en péri-orificiel. Ce sont des papules, polymorphes, très contagieuses.
Les manifestations générales de Syphilis secondaire :
  • Fièvre, fébricules à 38°
  • Céphalée tenace (méningite latente),
  • Poly-adénopathies (surtout cervicales et épitrochléennes),
  • Splénomégalie et hépatomégalie avec perturbation du bilan hépatique et ictère
  • Douleurs osseuses, atteinte rénale avec une glomérulonéphrite, ...

LA SYPHILIS TERTIAIRE
Elle apparait 3 à 15 ans après le chancre si ce dernier n’a pas été traité. Elle cause des lésions graves et profondes. Elle provoque des atteintes cardio-vasculaires, nerveuses (en particulier céphalées intenses et dysarthrie), articulaires. Elle touche tous les organes de manière générale. Des épisodes parétiques transitoires sont caractéristiques (aphasie, hémiplégie, hémiparésie etc.) Elle augmente également sérieusement le risque de transmission du VIH et elle se complique chez les personnes séropositives par une évolution plus rapide et des complications neurologiques plus fréquentes.
Moins souvent, la syphilis peut atteindre le cœur et les gros vaisseaux (aorte par exemple), entraînant une insuffisance cardiaque qui peut être mortelle. Les atteintes ostéo-articulaires avec des dommages au squelette sont fréquents (fractures spontanées et maux perforants plantaires).
Environ 15% des personnes qui n'ont pas été traités pour la syphilis développe la syphilis tardive, qui peut apparaître après 10-30 ans après l'infection initiale. Les symptômes de la phase tardive de la syphilis comprennent la difficulté à coordonner les mouvements musculaires, paralysie, engourdissement, la cécité progressive et la démence. Dans les derniers stades de la syphilis, la maladie endommage les organes internes, y compris le cerveau, les nerfs, les yeux, le cœur, les vaisseaux sanguins, le foie, les os et les articulations. Ces dommages peuvent entraîner la mort.

SYPHILIS CHEZ LA FEMME ENCEINTE
Une femme enceinte atteinte de syphilis peut la transmettre à son bébé. Ce qui peut donner lieu à un avortement, un accouchement prématuré ou un faible poids de naissance. Cependant, un enfant infecté peut naître sans signes ou symptômes de la maladie. Toutefois, si elle n'est pas traitée immédiatement, le bébé peut présenter des convulsions, une surdité, une cataracte, … et même mourir.
  
LA SYPHILIS CONGÉNITALE
La syphilis congénitale peut être latente à la naissance (60% des nouveau-nés sont asymptomatiques). Pour la syphilis congénitale précoce, les premiers signes apparaissent dans la première année de vie, le plus souvent dans les 8 premières semaines de vie, avec des signes cutanéo-muqueux, osseux et viscéraux. La syphilis congénitale tardive mène à une atteinte multiviscérale retardée.

SYPHILIS ET VIH
Les plaies syphilitiques vaginales, orales, anales ou du pénis facilitent la transmission et l'infection par le VIH. Une personne qui a des plaies syphilitiques  a 2 à 5 fois plus de chances d'attraper le VIH.

DIAGNOSTIC DE LA SYPHILIS
Il repose sur deux types d'examens :
  • La mise en évidence du tréponème pâle sur le prélèvement d'une lésion ulcérée grâce au microscope à fond noir.
  • Les tests sérologiques : aspécifiques et tréponémiques. 


Tests Non tréponémiques : 
  • VDRL (Veneral Disease Research Laboratory) est un test cardiolipidique aspécifique. Il a un intérêt dans le dépistage et le suivi de la syphilis traitée grâce à sa bonne valeur quantitative. Il est positif au 15ème jour du chancre.
  • RPR (rapid plasma reagin) est utilisé pour  le dépistage de la syphilis. Il recherche la présence d’anticorps présent dans le sang de la personne ayant contracté la maladie. Il est similaire au VDRL


Tests Tréponémiques :
  • TPHA (Treponemal Pallidum Haemagglutination Assay) est un test sensible et spécifique des trépanomatoses, utile pour le diagnostic seulement, sans valeur quantitative. Sa positivité signe la présence d'une trépanomatose actuelle ou passée, sans spécificité pour la syphilis. Il est positif au 10ème jour du chancre
  • FTA-Abs (Fluorescence Treponemal Antibody on Absorbed serum) réaction spécifique la plus précoce, mettant en évidence des anticorps IgM et IgG. Il est réalisé en deuxième intention quand le dépistage par TPHA et VDRL est positif. Il peut être complété par le 19S-IgM-FTA-Abs test pour dépister les infections récentes ou en cas de syphilis congénitale. Ce test est positif au 7ème jour du chancre.

Leurs titres sont maximaux en 6 à 12 mois d'évolution de la maladie, c'est-à-dire au stade secondaire.

DÉPISTAGE DE LA SYPHILIS
  • Chez les femmes enceintes
  • Chez les homosexuels
  • Chez les HIV positifs
  • Chez ceux qui ont un partenaire qui a été testé positif pour la syphilis


TRAITEMENT DE LA SYPHILIS
Syphilis précoce
  • Injection unique de 2,4 millions d’unités de benzathine pénicilline G (IM)
  • L’OMS recommande aussi la procaïne benzylpénicilline aqueuse 1,2 million d’UI par voie intramusculaire pendant 10 jours

En cas d’allergie à la pénicilline :
  • Doxycycline (200 mg/j) ou la tétracycline (2 g/j) pendant 2 semaines

Syphilis tardive
  • 3 injections intramusculaires de 2,4 millions d’unités de benzathine-pénicilline G à 1 semaine d’intervalle

Neuro-syphilis
  • Pénicilline G (IV) à la dose de 12 à 24 millions d’unités/j intraveineuses pendant 10 à 14 jours (CDC)

Syphilis chez la femme enceinte
  • Pénicilline à une posologie adaptée au stade de la syphilis
  • L’OMS recommande l’utilisation de l’Erythromycine.


Si vous présentez les signes et symptômes mentionnés plus haut, vous devez voir votre médecin en urgence pourqu’il puisse instaurer le traitement dans le plus bref délai.

PRÉVENTION DE LA SYPHILIS
  • Utilisation correcte et systématique des préservatifs
  • Le plus sûr moyen d'éviter la transmission de maladies sexuellement transmissibles, notamment la syphilis, est de s'abstenir de relations sexuelles
  • Eviter la consommation d'alcool et de drogues peut aussi aider à prévenir la transmission de la syphilis parce que ces activités peuvent conduire à des comportements sexuels à risque.


Dyemy Dumerjuste
D4-FMSS/UNDH

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