mardi 18 décembre 2012

CONJONCTIVITE



C’est l’inflammation ou l’hyperémie de la conjonctive. Il y a trois principales étiologies qui sont : infectieuse, allergique et chimique. Généralement la conjonctivite est aiguë  mais toutefois, elle peut devenir chronique jusqu’à causer de graves complications.

ÉTIOLOGIES ET MANIFESTATIONS CLINIQUES


CONJONCTIVITE INFECTIEUSE
  • Bactérienne : Staphylocoque aureus, Streptocoque pneumoniae, Neisseria gonorrhoeae,  Neisseria meningitidis.                                                                             Chlamydiale : Chlamydia trachomatis (Conjonctivite à inclusions)
  • Virale : Adénovirus types 3, 7 et 8 ; herpès simplex 1

SYMPTÔMES :
  • Hyperémie de la conjonctive d’où l’appellation en français « œil rouge » ou en anglais « pinkeye »
  • Prurit oculaire
  • Sensation de corps étrangers
  • Sécrétion conjonctivale
La sécrétion conjonctivale de la conjonctivite bactérienne est souvent purulente collant les paupières, il n’y a pas de douleurs tandis que celle virale la sécrétion est aqueuse et abondante. Chez les enfants, si c’est due aux adénovirus elle est accompagnée de fièvre, de pharyngite, et d’adénopathie pré- ou rétro-auriculaire.

CONJONCTIVITE ALLERGIQUE

Hypersensibilité aux :
  • Pollen, herbes, moisissures, allergènes saisonniers non connus, poils d’animaux,
  • Poussières, fumées, squames
  • Médicaments à application locale, produits cosmétiques, tissus.
  • Verres de contact ou autres solutions


SYMPTÔMES :
  • Hyperémie de la conjonctive d’où l’appellation « œil rouge »
  • Prurit oculaire
  • Larmoiement
  • Parfois photophobie associée
La conjonctivite allergique est bilatérale et se manifeste par une sensation de brulure oculaire intense

CONJONCTIVITE CHIMIQUE

Réactions  chimiques :
  • Irritants environnementaux (vents, poussières, fumées, chlore des piscines)
  • Irritants comme les acides ou bases

CONJONCTIVITE NEONATALE
Celle-ci est acquise dans les voies génitales infectées de la mère
  • Neisseria gonorrhoeae : survenant 2 à 5 jours après la naissance.
  • Chlamydiale : Chlamydia trachomatis (Conjonctivite à inclusions) survenant 5 à 15 jours après la naissance
  • Herpès virus hominis de type 2 (agent de l’herpès génital) : conjonctivite avec présence kératite dendritique
  • Haemophilus influenzae : responsable dans 15% des cas.

DIAGNOSTIC
  • Frottis conjonctival et culture de la sécrétion conjonctivale, antibiogramme
  • Recherche de l’allergène car la conjonctivite peut être isolée ou associée à d’autres affections allergiques particulièrement l’asthme ou la rhinite allergique.

TRAITEMENT

Conjonctivite bactérienne :

Instillation de collyre  ou de pommade contenant un antibiotique selon le germe en cause.

Conjonctivite allergique :

  • Eviction ou élimination  de l’allergène, un antihistaminique H1 par voie orale, associé à un collyre neutre  ou à un collyre antiallergique.
  • Dans les cas graves, collyre contenant un corticoïde pendant quelques jours sous contrôle de tension intra-oculaire. Eviter de prolonger ce traitement au long cours à cause du risque d’avoir une cataracte cortisonique.
  • Port de verres de contact est déconseillé.

Conjonctivite Virale

C’est symptomatique : Lavages avec soluté salé isotonique aux larmes. Il consiste à limiter la transmission ou la contamination de l’autre l’œil.


PRÉVENTION 

  • Mesures d’hygiène pour éviter la contamination des yeux (lavage des mains, mouchoirs jetables)
  • Instillation à la naissance de collyre au nitrate d’argent à 1% ou à la tétracycline pour prévenir la conjonctivite néonatale.

Edmond Gassendy Arthur
D4-fmss-UNDH


REFERENCES

  • FATTORUSSO V. et RITTER O., « Vademecum Clinique du diagnostic au traitement » 17e ed, Masson, p 1630-1632.
  • THIBODEAU, G. A. and PATTON, K. T., « The human body in health and disease », 5th ed., MOSBY Elsevier, p 289-290.
  • Williams and Wilkins Lippincott, « Atlas of Pathophysiology », 3 rd ed, Wolters Kluwer health, p 410.

dimanche 9 décembre 2012

HERPES




Herpès génital

L'herpès génital est une infection courante et contagieuse généralement transmise sexuellement. Elle est causée par le virus herpès simplex 2 (HSV-2) et certaines fois par le virus Herpès simplex 1 (HSV-1) qui est habituellement responsable de l'herpès labial.
Le HSV a une large distribution sur le globe. Il est présent dans tous les pays. La prévalence du HSV2 est de : 
  • 5 à 15 % en Europe de l’Ouest et au Japon
  • 10 à 30 % aux États-Unis, en Europe de l’Est
  • 30 à 50 % en Amérique du Sud
  • 40 à 80 % en Afrique Centrale et en Afrique du Sud
En Haïti, une enquête de séroprévalence réalisée en 1992 démontre que le HSV-2 est présente chez 88% des femmes séropositives et chez 54% des femmes séronégatives.
Selon une autre enquête datée de 2008, 22% des prostituées des Gonaïves et de Saint-Marc sont infectées par le HSV-2.


Le HSV2 est responsable de 90% des cas d’herpès génital. 107 millions de personnes sont infectées dans le monde et plus de 400.000 personnes sont infectées  chaque année.
16.2% des adultes sexuellement actifs aux Etats-Unis sont infectés.
Le HSV-1 cause principalement des infections orales chez l’enfant. L'infection au Virus Herpès simplex 2 est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Elle se transmet plus facilement des hommes aux femmes que des femmes aux hommes. 


GENERALITES SUR LES HERPESVIRIDAE

La famille des Herpesviridae comporte près de 120 herpèsvirus. Les 8 herpesvirus strictement humains sont répartis dans les 3 sous-familles des Herpesviridae


Alphaherpesvirinae
-         Le virus de l’herpès proprement dit, ou herpès simplex virus (HSV), de type 1 ou de type 2 (HSV-1 ; HSV-2)
-         Le virus de la varicelle et du zona ou herpesvirus varicellæ (VZV)
Betaherpesvirinae
-         Le cytomégalovirus (CMV)
-         6e et 7e herpès virus humains (HHV-6, HHV-7)
Gammaherpesvirinae
-         Le virus EPSTEIN-BARR ou virus E-B (EBV)
-         Le 8e herpès virus humain (HHV-8)


HERPES SIMPLEX VIRUS TYPE 1 ET TYPE 2 (HSV-1, HSV2)

Ce sont des virus dermo-neurotropes donnant après la primo-infection une infection latente dans le ganglion sensitif du territoire de la primo-infection. C’est le ganglion de Gasser après primo-infection orale par HSV-1, les ganglions sacrés après primo-infection génitale par HSV-2. Cela assure la persistance du virus dans la population. A partir de ces sites d’infection latente peuvent survenir des réactivations conduisant à des poussées d’herpès récurrent (ou récidivant) ou à des excrétions asymptomatiques de virus dans la salive ou les sécrétions génitales. Cela assure la dissémination de l’infection aux personnes réceptives.


TRANSMISSION DE LA MALADIE

Le HSV-1 et le HSV-2 sont transmis par contact direct, y compris les baisers, les contacts sexuels (vaginales, orales ou anales). Ils sont aussi transmis par contact avec les lésions, les muqueuses, les sécrétions génitales.
L'herpès génital peut être transmis avec ou sans la présence de plaies. Il est souvent transmis par des gens qui ne savent pas qu'ils sont infectés.


SYMPTÔMES DE L’HERPES

La période d'incubation du Virus Herpès Simplex varie de 2 à 20 jours après le contact. La plupart des personnes infectées par le HSV-1 ou HSV-2 sont asymptomatiques ou présentent des symptômes très légers qui passent inaperçus. 81.1% des personnes infectées ignorent leur infection. Les symptômes, quand ils sont présents, sont plus sévères chez les femmes.

Au stade primo-infection, on peut avoir : 
  • Vulvo-vaginite
  • Méningite, myélite transverse, radiculopathies sacrales
  • Kérato-conjonctivite unilatérale aiguë
  • Formes graves (immuno-déprimés, Nouveaux nés)
Apparition d’une ou de plusieurs vésicules sur les organes génitaux ou au des lèvres.
L’herpès génital récurrent survient suite à une baisse du système immunitaire liée au stress, aux infections, … Les lésions surviennent au même endroit que la primo-infection.


COMPLICATIONS DE L’HERPES

Elles surviennent chez les immunodéprimés et chez les nouveaux nés. Elles comprennent :


  • Des ulcérations génitales douloureuses évoluant sur plusieurs mois 
  • Des lésions de la langue qui peuvent se présenter comme une glossite
  • Des lésions herpétiques des muqueuses peuvent servir de porte d'entrée pour des infections bactériennes.
  • Des complications oculaires telles : la conjonctivite, la sclérite, Kératite sévère et nécrose rétinienne.
  • Herpes simplex virus est une cause importante d'encéphalite 



HERPES NÉONATAL

Herpès néonatal

Les premiers signes cliniques surviennent 4 à 14 jours après la naissance. On distingue trois formes cliniques :
  • Forme disséminée hématogène (20 à 60%) avec une mortalité de 40 à 70%
  • Forme neurologique (30 à 40 %)
  • Forme localisée cutanée ou muqueuse (30 à 40%), la mortalité associée est presque nulle.


LIEN ENTRE L'HERPES GÉNITAL ET LE VIH

Les muqueuses vaginale et buccale saines offrent une grande protection à l’organisme face à de nombreuses infections. Les ulcérations génitales causées par l'herpès augmentent les risques de contracter l'infection au VIH par voie sexuelle. Elles l’augmentent de 2 à 4 fois plus.


GROSSESSE ET HERPES GÉNITAL

Une mère infectée peut transmettre le virus à sa progéniture lors de l’accouchement. L’infection peut-être grave et entraîner un herpès néonatal. Ainsi le dépistage chez la femme enceinte est salutaire. Les femmes enceintes doivent éviter tout rapport sexuel avec des partenaires suspectés d’herpès génital.

TRAITEMENT DE L’HERPES

La prise en charge de l’herpès repose sur la prise d’antirétroviraux.
  • Dans les cas de primo-infection, l’Aciclovir est le médicament de choix
  • Dans les cas d’herpès génital récurrent, on utilise Aciclovir, Valaciclovir, Famciclovir
  • Chez les femmes enceintes avec herpès génital, la prise en charge repose sur l’Aciclovir à partir de la 36ème semaine de gestation jusqu'à l’accouchement.
Si des lésions herpétiques persistent pendant l’accouchement, une section césarienne est indiquée pour prévenir la transmission de HSV à l'enfant.


PRÉVENTION DE L’HERPES

  • Utilisation correcte et systématique des préservatifs
  • Ne pas avoir de relations sexuelles (Abstention)
  • Fidélité entre les partenaires
  • Les personnes atteintes d'herpès doivent s'abstenir de toute activité sexuelle avec des partenaires lors de plaies ou d'autres symptômes de l'herpès sont présents.

La présence d'un ou des symptômes mentionnés ci-dessus  doivent attirer votre attention et vous  pousser à voir votre médecin pour meilleure prise en charge

Dyemy Dumerjuste
D4-Fmss-UNDH

REFERENCES

http://www.chups.jussieu.fr/polys/viro/poly/POLY.Chp.2.html
http://www.webmd.com/genital-herpes/guide/genital-herpes-testing

vendredi 2 novembre 2012

SYPHILIS




La syphilis est une infection sexuellement transmissible causée par une bactérie, Treponema pallidum. Elle figure parmi les IST les plus fréquentes chez les jeunes. A long terme, ses complications sont graves voire mortelles. Les femmes enceintes peuvent la transmettre leur progéniture
Selon l’OMS, La syphilis touche 12 millions de personnes dans le monde chaque année. Aux Etats-Unis en 2010,  il y avait 45.834 nouveaux cas de syphilis, contre 48.298 estimés nouveaux diagnostics d'infection à VIH et 309.341 cas de gonorrhée.
En Haïti, la prévalence de la syphilis était estimée à 3% en 2003 selon le GHESKIO. Le MSPP, le GHESKIO et d’autres partenaires travaillent pour réduire la prévalence de cette IST à 1.3% d’ici 2013, ce qui reste à vérifier sur le terrain. Chez les femmes enceintes, la catégorie qui peut transmettre la syphilis à leur progéniture, sa prévalence était estimée à 5,6% en 2008.

La syphilis peut être transmise : 
  •  Lors d’un rapport sexuel : Plus de 90% des cas
  • Par voie trans-placentaire : Une femme enceinte peut la transmettre à n’importe quel stade de la grossesse 
  •  Lors d’une transfusion sanguine

La période d’incubation de la syphilis est de 10 à 90 jours. Mais les premiers signes de la maladie commencent à se manifester vers la troisième semaine après l’infection.

CLASSIFICATION DE LA SYPHILIS
On distingue : 
  • Syphilis précoce : syphilis primaire et secondaire, syphilis latente de moins de 1 an d’évolution pour le CDC et 2 ans pour l’OMS
  • Syphilis tardive : syphilis tertiaire, syphilis latente de plus de 1 an d’évolution pour le CDC et 2 ans pour l’OMS, ou indéterminée
  • Neuro-syphilis 
  • Les autres formes : Syphilis chez la femme enceinte, Syphilis congénital, syphilis chez le HIV+

LA SYPHILIS PRIMAIRE
Chancre syphilitique
Elle apparaît 3 semaines après l’infection, elle a pour caractéristique principal : Le chancre syphilitique et son adénopathie.
Le chancre syphilitique est une exulcération de petite taille, elle est habituellement unique, indurée et indolore. Chez l’homme, il peut siéger dans le sillon balano-préputial, plus rarement sur le gland ou le fourreau. Chez la femme, il apparaît parfois sur la partie externe de la vulve mais le plus souvent sur le vagin ou le col utérin et comme il est indolore, il passe alors volontiers inaperçu.
Dans les 2 sexes, le chancre passe inaperçu, en plus il guérit dans 3 à 6 semaines avec ou sans traitement. Si le traitement adéquat n’est pas mis en route, le stade primaire évolue le stade secondaire.

LA SYPHILIS SECONDAIRE
Lésion palmaire
Elle apparaît 3 à 10 semaines après l’apparition du chancre et dure de 4 mois à 2-3 ans. Il s'agit de la généralisation du tréponème par voie sanguine.
Elle se manifeste par la roséole et les syphilides.
La roséole se manifeste par de multiples éruptions sur la peau et sur les muqueuses sans démangeaison. Ces lésions peuvent se voir sur les paumes et la plante des pieds, mais encore sur le torse ou le dos, ce qui est assez rare pour une éruption dermatologique.
Des syphilides sont retrouvés, au niveau du visage, des paumes des mains et des pieds, et en péri-orificiel. Ce sont des papules, polymorphes, très contagieuses.
Les manifestations générales de Syphilis secondaire :
  • Fièvre, fébricules à 38°
  • Céphalée tenace (méningite latente),
  • Poly-adénopathies (surtout cervicales et épitrochléennes),
  • Splénomégalie et hépatomégalie avec perturbation du bilan hépatique et ictère
  • Douleurs osseuses, atteinte rénale avec une glomérulonéphrite, ...

LA SYPHILIS TERTIAIRE
Elle apparait 3 à 15 ans après le chancre si ce dernier n’a pas été traité. Elle cause des lésions graves et profondes. Elle provoque des atteintes cardio-vasculaires, nerveuses (en particulier céphalées intenses et dysarthrie), articulaires. Elle touche tous les organes de manière générale. Des épisodes parétiques transitoires sont caractéristiques (aphasie, hémiplégie, hémiparésie etc.) Elle augmente également sérieusement le risque de transmission du VIH et elle se complique chez les personnes séropositives par une évolution plus rapide et des complications neurologiques plus fréquentes.
Moins souvent, la syphilis peut atteindre le cœur et les gros vaisseaux (aorte par exemple), entraînant une insuffisance cardiaque qui peut être mortelle. Les atteintes ostéo-articulaires avec des dommages au squelette sont fréquents (fractures spontanées et maux perforants plantaires).
Environ 15% des personnes qui n'ont pas été traités pour la syphilis développe la syphilis tardive, qui peut apparaître après 10-30 ans après l'infection initiale. Les symptômes de la phase tardive de la syphilis comprennent la difficulté à coordonner les mouvements musculaires, paralysie, engourdissement, la cécité progressive et la démence. Dans les derniers stades de la syphilis, la maladie endommage les organes internes, y compris le cerveau, les nerfs, les yeux, le cœur, les vaisseaux sanguins, le foie, les os et les articulations. Ces dommages peuvent entraîner la mort.

SYPHILIS CHEZ LA FEMME ENCEINTE
Une femme enceinte atteinte de syphilis peut la transmettre à son bébé. Ce qui peut donner lieu à un avortement, un accouchement prématuré ou un faible poids de naissance. Cependant, un enfant infecté peut naître sans signes ou symptômes de la maladie. Toutefois, si elle n'est pas traitée immédiatement, le bébé peut présenter des convulsions, une surdité, une cataracte, … et même mourir.
  
LA SYPHILIS CONGÉNITALE
La syphilis congénitale peut être latente à la naissance (60% des nouveau-nés sont asymptomatiques). Pour la syphilis congénitale précoce, les premiers signes apparaissent dans la première année de vie, le plus souvent dans les 8 premières semaines de vie, avec des signes cutanéo-muqueux, osseux et viscéraux. La syphilis congénitale tardive mène à une atteinte multiviscérale retardée.

SYPHILIS ET VIH
Les plaies syphilitiques vaginales, orales, anales ou du pénis facilitent la transmission et l'infection par le VIH. Une personne qui a des plaies syphilitiques  a 2 à 5 fois plus de chances d'attraper le VIH.

DIAGNOSTIC DE LA SYPHILIS
Il repose sur deux types d'examens :
  • La mise en évidence du tréponème pâle sur le prélèvement d'une lésion ulcérée grâce au microscope à fond noir.
  • Les tests sérologiques : aspécifiques et tréponémiques. 


Tests Non tréponémiques : 
  • VDRL (Veneral Disease Research Laboratory) est un test cardiolipidique aspécifique. Il a un intérêt dans le dépistage et le suivi de la syphilis traitée grâce à sa bonne valeur quantitative. Il est positif au 15ème jour du chancre.
  • RPR (rapid plasma reagin) est utilisé pour  le dépistage de la syphilis. Il recherche la présence d’anticorps présent dans le sang de la personne ayant contracté la maladie. Il est similaire au VDRL


Tests Tréponémiques :
  • TPHA (Treponemal Pallidum Haemagglutination Assay) est un test sensible et spécifique des trépanomatoses, utile pour le diagnostic seulement, sans valeur quantitative. Sa positivité signe la présence d'une trépanomatose actuelle ou passée, sans spécificité pour la syphilis. Il est positif au 10ème jour du chancre
  • FTA-Abs (Fluorescence Treponemal Antibody on Absorbed serum) réaction spécifique la plus précoce, mettant en évidence des anticorps IgM et IgG. Il est réalisé en deuxième intention quand le dépistage par TPHA et VDRL est positif. Il peut être complété par le 19S-IgM-FTA-Abs test pour dépister les infections récentes ou en cas de syphilis congénitale. Ce test est positif au 7ème jour du chancre.

Leurs titres sont maximaux en 6 à 12 mois d'évolution de la maladie, c'est-à-dire au stade secondaire.

DÉPISTAGE DE LA SYPHILIS
  • Chez les femmes enceintes
  • Chez les homosexuels
  • Chez les HIV positifs
  • Chez ceux qui ont un partenaire qui a été testé positif pour la syphilis


TRAITEMENT DE LA SYPHILIS
Syphilis précoce
  • Injection unique de 2,4 millions d’unités de benzathine pénicilline G (IM)
  • L’OMS recommande aussi la procaïne benzylpénicilline aqueuse 1,2 million d’UI par voie intramusculaire pendant 10 jours

En cas d’allergie à la pénicilline :
  • Doxycycline (200 mg/j) ou la tétracycline (2 g/j) pendant 2 semaines

Syphilis tardive
  • 3 injections intramusculaires de 2,4 millions d’unités de benzathine-pénicilline G à 1 semaine d’intervalle

Neuro-syphilis
  • Pénicilline G (IV) à la dose de 12 à 24 millions d’unités/j intraveineuses pendant 10 à 14 jours (CDC)

Syphilis chez la femme enceinte
  • Pénicilline à une posologie adaptée au stade de la syphilis
  • L’OMS recommande l’utilisation de l’Erythromycine.


Si vous présentez les signes et symptômes mentionnés plus haut, vous devez voir votre médecin en urgence pourqu’il puisse instaurer le traitement dans le plus bref délai.

PRÉVENTION DE LA SYPHILIS
  • Utilisation correcte et systématique des préservatifs
  • Le plus sûr moyen d'éviter la transmission de maladies sexuellement transmissibles, notamment la syphilis, est de s'abstenir de relations sexuelles
  • Eviter la consommation d'alcool et de drogues peut aussi aider à prévenir la transmission de la syphilis parce que ces activités peuvent conduire à des comportements sexuels à risque.


Dyemy Dumerjuste
D4-FMSS/UNDH

RÉFÉRENCES


dimanche 21 octobre 2012

CANCER DE LA PROSTATE - PROSTATE CANCER

Le cancer désigne une prolifération anormale des cellules dans un tissu donné. Le cancer de la prostate est une anomalie touchant la glande prostatique qui fait partie de l'appareil reproducteur masculin. Les cellules de la glande se multiplient anarchiquement et modifient son aspect. A un stade avancé, ce cancer peut donner des métastases à divers endroits de l'organisme.

Le cancer de la prostate est l'un des plus fréquents chez les hommes. Il survient après 50 ans, et sa fréquence augmente avec l’âge.
Environ un patient de plus de 50 ans sur trois a des signes histologiques de cancer de la prostate selon l’association américaine d’urologie.
  • Pour les hommes de 60-69 ans, les taux d’incidence sont de 268 pour 100 000, pour atteindre des taux de 1 211,8 pour 100 000 pour la tranche d’âge la plus représentée des 75-79 ans.
  • Selon le CDC, aux États-Unis, il est le cancer le plus courant chez les hommes. En 2008, 214,633 cas de cancer de la prostate ont été diagnostiqués et 28,471 décès ont été enregistrés.
  • Selon l'HAS, en France, 71,000 cas de cancer de la prostate ont été diagnostiqués et 8,700 décès enregistrés en 2011.
  • Il n'y a pas de données officielles sur le cancer de la prostate en Haïti.


FACTEURS DE RISQUES DE CANCERS DE LA PROSTATE

  • Age : Les hommes âgés ont plus de risques de développer le cancer de la prostate
  • Les antécédents familiaux : Ils augmentent les risques de développer ce cancer de 2 à 5 fois
  • La race : Les Afro-américains ont plus de risques de développer ce cancer comparés aux américains natifs.
  • Les facteurs environnementaux, la diète, le tabagisme, la sédentarité sont d'autres facteurs de risques liés à ce cancer.


RAPPEL SUR LA PROSTATE


La prostate est uniquement présente chez l'homme. Elle est Située en avant du rectum, juste sous la vessie, elle a la taille et la forme d'une châtaigne, mesurant environ 3 à 4 cm de long et 3 à 5 cm de large. Chez l'homme jeune, la prostate fait environ 20 g.

Les vésicules séminales sont des glandes accessoires qui sont appendues à la prostate. La prostate et les vésicules séminales produisent le liquide séminal. Les canaux déférents qui proviennent des testicules amènent dans la prostate les spermatozoïdes qui sont mélangés au liquide séminal pour former le sperme qui passe dans l'urètre au moment de l'éjaculation.
La prostate entoure la partie initiale de l'urètre, le canal par où l'urine s'évacue de la vessie et qui se termine au bout de la verge. Elle n'a donc aucun rôle urinaire mais elle entraîne des symptômes urinaires car elle entoure donc l'urètre et peut le comprimer quand elle augmente de volume.
La prostate comprend en fait 4 zones : antérieure, périphérique, centrale et transitionnelle. C'est dans la zone périphérique, facilement palpable au toucher rectal, que se développent le plus souvent les cancers de la prostate. La zone de transition, qui entoure l'urètre, est l'endroit où se développe habituellement l'hyperplasie bénigne de la prostate (adénome), l'affection bénigne qui survient progressivement chez l'homme à partir d'un certain âge.

SIGNES ET SYMPTOMES DU CANCER DE LA PROSTATE

Le cancer de la prostate se développe silencieusement à ses débuts. Il n'y a presque pas de manifestations. Les signes et symptômes surviennent une fois que le processus tumoral commence à envahir la glande. Nous retenons :

  •  Besoin fréquent d’uriner, en particulier la nuit
  •  Besoin pressant d’uriner (urgence)
  • Difficulté pour commencer à uriner ou cesser d’uriner
  • Incapacité d’uriner (Rétention d'urine)
  • Faiblesse, la diminution ou l’intermittence du jet urinaire
  • Sensation de vidange incomplète de la vessie
  • Sensation de brûlure ou une douleur durant la miction
  • Présence de sang dans l’urine ou le sperme (Hématurie ou hémospermie)
  • Ejaculation douloureuse.


Dans les stades avancés, on peut avoir :
  • Forte douleur incessante au niveau du bassin, du dos ou des côtes
  • Perte de poids et d'appétit, de la fatigue, des nausées ou des vomissements
  • Faiblesse ou paralysie des membres inférieurs, souvent associés à la constipation

STADES DU CANCER DE LA PROSTATE

Le cancer de la prostate se développe localement pendant de nombreuses années. S'il n'est pas diagnostiqué et traité à temps, il se propage : 
  • En envahissant les tissus voisins
  • Par diffusion via les le système lymphatique
  • Par des métastases. 

La classification TNM, le score de Gleason, le score d’Amico permettent de définir les différents stades du cancer de la prostate:
T : Taille de la tumeur
N : Nodule (Diffusion vers les ganglions lymphatiques)
M: Métastases (Propagation à distance vers autres organes tels le foie, les poumons, les os, …)
T : tumeur primitive
T1 : tumeur non perçue au toucher rectal. Découverte par biopsies faites en raison d'une élévation suspecte du taux de PSA
T2 : cancer palpable au toucher rectal et localisé à la glande
T3 : cancer s’étendant en dehors de la prostate et/ou aux vésicules séminales
T4 : Envahissement des organes adjacents à la prostate (vessie, rectum, muscle).
N : Ganglions régionaux (Nodule) 
N0 : Pas d’envahissement lymphatique.  N1 : Envahissement d'un ou de plusieurs ganglions du petit bassin.
M : Métastase
M0 correspond à l'absence de métastases à distance et M1 à la présence de métastases en dehors du petit bassin (os, poumons, foie ou cerveau).

LE SCORE DE GLEASON
La classification de Gleason est fondée sur le degré de différenciation (degré d’agressivité) de la tumeur, coté du grade 1 à 5. C’est le résultat d’une étude au microscope des cellules cancéreuses, obtenues par des biopsies ou une ablation de la prostate, qui constitue un score, appelé score de Gleason.

Ce score est la somme des deux grades le plus fréquemment représentés dans la tumeur analysée. Il varie de 2 à 10. Le score de 2 correspond à une tumeur très proche d’un tissu bénin. Plus le score est élevé, plus la tumeur est agressive.

LA CLASSIFICATION D’AMICO
Les formes localisées de cancer de la prostate sont classées en fonction de leur risque évolutif à l’aide d’une classification appelée la classification de d’Amico.
Cette classification a établi 3 sous-groupes de cancers de la prostate localisés selon le risque de rechute (on parle de risque de rechute biologique 10 ans après un traitement local), c’est-à-dire 3 niveaux de risque de progression du cancer : un risque faible, un risque intermédiaire et un risque élevé.

DIAGNOSTIC DU CANCER DE LA PROSTATE


  • Toucher rectal
  • PSA (Antigène prostatique spécifique) Le dosage du PSA permet de détecter certaines anomalies de la prostate. Sa valeur élevée peut correspondre à une prostatite, une hypertrophie bénigne de la prostate ou un cancer. Sa valeur normale est inférieure à 4 ng/ml
  • Echographie endorectale de la prostate et biopsies
  • Scanner : utilisé pour détecter des ganglions ou l'extension du cancer à d'autres organes.
  • Résonance magnétique : Une IRM endo-rectale permet d'obtenir des images très précises du contour de la prostate et déceler une extension extra-prostatique du cancer.
  • Scintigraphie osseuse : Cet examen permet de détecter l'extension du cancer de la prostate aux os.
TRAITEMENT 
Le traitement du cancer de la prostate peut être utilisé seul ou associé. Il se fait en fonction du stade d’évolution de la maladie.  Il permet :
  • L’élimination de la tumeur
  • La réduction des risques de récidive
  • Le ralentissement du développement de la tumeur ou des métastases


LES DIFFÉRENTS TYPES DE TRAITEMENT

CHIRURGIE : Elle consiste à enlever la prostate par une opération appelée prostatectomie totale.

RADIOTHÉRAPIE : utilise des rayons pour détruire les cellules cancéreuses tout en préservant au maximum les tissus sains voisins. Il peut s’agir d’une radiothérapie externe ou d’une curiethérapie

CURIETHÉRAPIE : Traitement local du cancer qui a pour but de détruire les cellules cancéreuses au moyen de rayons produits par une substance radioactive placée à l’intérieur de la prostate. Cet implant, sous forme de grains ou de fils, est permanent ou temporaire.

CRYOTHÉRAPIE : Traitement local qui détruit les cellules cancéreuses par un froid intense. Guidé par une échographie, le médecin insère une sonde dans la prostate au travers de la peau entre les testicules et l’anus, afin de congeler la tumeur entre - 40 ° et - 60 °C.

HORMONOTHÉRAPIE est le plus souvent un traitement par des médicaments. Elle permet de freiner ou de stopper le développement de la maladie. Elle peut être utilisée seule ou en complément d’une chirurgie ou d’une radiothérapie.

Vous pouvez être traité par un ou plusieurs traitements combinés. Tous les traitements proposés peuvent avoir des effets indésirables (troubles urinaires et sexuels notamment).

LUTTE CONTRE LE CANCER DE LA PROSTATE

  • Si vous ressentez certains des signes et symptômes mentionnés plus haut, allez consulter votre médecin
  • Si vous avez des antécédents de cancer de la prostate chez votre père ou un frère, allez-vous faire dépister
  • Si vous avez plus de 40 ans, demandez à votre médecin d’évaluer votre prostate.

Dyemy Dumerjuste
D4-Fmss-UNDH

Références