La
malaria est une maladie infectieuse causée par des parasites du genre
Plasmodium. Elle se transmet dans de nombreux pays du monde surtout dans les
pays tropicaux. La malaria est grave et des millions de personnes sont
atteintes chaque année dans le monde. Selon le CDC, Plus de 3.3 milliards de
personnes vivent dans des zones à haut risque (où la transmission de la maladie
est plus élevée). Selon l’OMS, la malaria a causé près d’un million de décès en
2008. 98% de ces décès en Afrique et en Asie ;
mais les pays africains restent les plus durement touchés. Dans la Caraïbe, la
malaria est endémique sur l’île d’Haïti. Plus de 20.000 cas sont diagnostiqués en
Haïti chaque année. Aux États-Unis, 1.500 cas sont diagnostiqués chaque année. La
malaria est la 5ème cause de mortalité dans le monde liée aux maladies infectieuses
(après les infections respiratoires, le VIH / sida, les maladies diarrhéiques
et la tuberculose).
Plusieurs
espèces du genre Plasmodium peuvent causer la malaria. Ce sont : Le
Plasmodium falciparum, le P. vivax, Le P. ovale, le P. malariae et le P. knowlesi ;
leur répartition est variable sur la surface du globe. La gravité de la maladie
est liée au germe en cause. En Haïti, le Plasmodium falciparum est responsable
de la majorité des cas de Paludisme.
La
transmission de la malaria se fait par la piqure de l’anophèle, elle sert de
vecteurs au Plasmodium. La période d'incubation varie de 7 à 30 jours en
fonction de l’espèce. Les périodes plus courtes sont observées plus fréquemment
avec P. falciparum et les plus longues avec P. malariae.
L’infestation
par le Plasmodium cause une large variété de manifestation, pouvant aller d’une
forme légère à une forme sévère puis la mort. Cependant, la malaria est curable
si elle est bien traitée. Très souvent, on distingue 2 formes de la malaria :
- Une forme non compliquée
- Une forme compliquée
Rappel
Juste
avant d’aborder les signes et les symptômes de cette maladie, il est nécessaire
d’avoir une idée du cycle du Plasmodium
C’est
un cycle complexe qui comporte deux
étapes essentielles : une phase asexuée chez l’homme, et une phase sexuée chez
le moustique.
Chez
l’Homme :
- Injection du parasite à l’homme sous forme de sporozoïte par l’anophèle
- Migration vers le foie via la circulation sanguine
- Pénétration dans les hépatocyte puis division rapide
- Naissance de milliers de nouveaux parasites : les mérozoïtes
- Eclatement des hépatocytes et libération des parasites dans le sang
- Pénétration et multiplication des parasites dans les globules rouges
- Eclatement des globules rouges, libération des mérozoïtes puis infection de nouveaux globules rouges (cycle érythrocytaire)
Après
quelques cycles de réplication des mérozoïtes, des parasites sexués mâles
et femelles (gamétocytes) sont formés à l’intérieur des globules rouges.
Dans
le moustique :
Lorsqu’il pique
une personne infectée :
- Ingestion des gamétocytes puis transformation en gamètes
- Fécondation donnant un zygote puis différenciation en oocyste dans le tube digestif du moustique
- Production de sporozoïtes par les oocystes
- Migration des sporozoïtes vers les glandes salivaires du moustique en attente d’un prochain repas sanguin
Un
nouveau cycle peut alors commencer.
Les
rechutes tardives de paludisme observées lors d’infections par P.vivax et P.
ovale sont dues à la possibilité pour ces espèces de subsister sous une
forme latente ("hypnozoïte") dans la cellule hépatique de l’homme.
Le
paludisme non compliqué peut se manifester par :
- des frissons
- de la fièvre, convulsions chez l’enfant
- une transpiration importante
Très
souvent, le patient peut se présenter avec : fièvre, frissons, sueur
profuse, maux de tête, nausées et vomissements, courbatures.
Le
paludisme sévère (Forme compliquée)
La
forme compliquée du paludisme se produit lorsqu’il y a atteinte multi
viscérales et leur défaillance. Parmi
les manifestations de la forme grave du paludisme, nous retenons :
- Le neuro-paludisme, avec un comportement anormal, des troubles de conscience, convulsions, le coma, ou d'autres anomalies neurologiques
- L'anémie sévère due à l'hémolyse (destruction des globules rouges)
- L'hémoglobinurie (hémoglobine dans l'urine), en raison de l'hémolyse
- Le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), une réaction inflammatoire dans les poumons qui inhibe l'échange d'oxygène.
- La chute de la pression artérielle causée par collapsus cardio-vasculaire
Le
paludisme grave est une urgence médicale et doit être traité en urgence et de
manière agressive.
A
signaler :
- Les infections récurrentes au P. falciparum peuvent entraîner une anémie sévère surtout chez les jeunes enfants en Afrique tropicale avec des infections fréquentes qui sont traités de façon inadéquate.
- Pendant la grossesse, le P. falciparum peut provoquer un accouchement prématuré ou donner naissance à un bébé de faible poids à la naissance.
Traitement
La
malaria représente un danger pour les femmes enceintes et les enfants. Plusieurs
molécules peuvent-être utilisées dans le traitement de la malaria. La plus
connue est la chloroquine ou la quinine. Elle peut être utilisée à visée prophylaxique
ou thérapeutique. En Haïti, elle peut être associée à la primaquine en vue
de combattre certaines formes résistantes ; de rares de résistance à la
chloroquine ont été signalés.
D’autres,
comme la méfloquine, sont utilisées dans les régions où vivent des parasites résistants
à la chloroquine.
Prévention
- Il n’existe pas encore de vaccins contre la malaria. Il est important de se protéger des piqûres de moustiques (moustiquaires, produits anti-moustiques).
- Aussi, en cas de fièvre même légère, de nausées, de maux de tête, de courbatures ou de fatigue au cours du séjour ou dans les mois qui suivent le retour, un médecin doit être consulté en urgence.
- En Haïti, la propreté et la lutte contre les eaux stagnantes peuvent être de bons outils dans la lutte contre le paludisme.
Dyemy
Dumerjuste