mardi 25 septembre 2012

INFARCTUS DU MYOCARDE - MYOCARDIAL INFARCTION



Couramment appelé crise cardiaque, l'infarctus du myocarde est défini comme une diminution de l'apport en oxygène aux cellules du muscle cardiaque, responsable de la mort de ces cellules et donc de la destruction d'une partie du muscle cardiaque. L’infarctus du myocarde est une urgence médicale.

Cette pathologie est 2 à 3 fois plus fréquente chez les hommes que chez les femmes. Selon l’OMS, sur 50 millions de décès annuels survenus dans le monde, les maladies cardiovasculaires –cardiopathies et accidents vasculaires cérébraux– font 17,3 millions de victimes chaque année, (les cardiopathies ischémiques cause 7,2 millions de décès d’origine coronaire). Elles sont la première cause de mortalité dans le monde.
L’infarctus du myocarde est l’une des grandes causes de mortalité dans les sociétés industrialisées.
En France, plus de 110 000 cas d’infarctus sont diagnostiqués par an dont 50,000 décès. Aux Etats-Unis, 1.5 millions de cas sont diagnostiqués chaque année dont 450.000 décès.


rAPPEL SUR la vascularisation du cœur

Le cœur joue le rôle d’une pompe, et pour bien remplir sa fonction, il doit-être bien nourri. La vascularisation du cœur est assurée par les coronaires droite et gauche qui forment une couronne autour du cœur. Elles cheminent dans les sillons du cœur. La coronaire gauche à son origine est la plus grosse avec 4 à 5 mm de diamètre. Le diamètre moyen est de 2 à 2,5 mm. Elles sont très sinueuses et comparables aux artères utérines. Ces sinuosités permettent l’adaptation des coronaires aux battements cardiaques.
Les coronaires fonctionnent en opposition de phase. Les artères se remplissent en général à la systole. Les coronaires se remplissent à la diastole car elles sont écrasées durant la systole.
Elles sont entourées de graisse qui amortit les battements cardiaques.
Les artères coronaires sont terminales. Lorsqu'une coronaire est bouchée, il n y a pas de suppléance, même si elles se rejoignent par endroit. Ces connections ne sont pas fonctionnelles. Les artères coronaires sont responsables de la nutrition du muscle cardiaque, ils apportent du sang oxygéné qui se distribue dans ce muscle via des ramifications.


Plusieurs facteurs augmentent les risques de survenue d’un infarctus du myocarde :
  • Le tabagisme
  • L’hypercholestérolémie
  • L’hypertension artérielle
  • L’obésité
  • Le diabète

Toutes ces conditions entrainent une altération des vaisseaux et causent de nombreux dégâts dans le système cardiovasculaire.

Physiopathologie
Diagramme d'un infarctus du myocarde (2) de la paroi antérieure (infarctus apical)
après occlusion (1) d'une branche de l'artère coronaire gauche (LCA).
L’infarctus du myocarde survient lorsqu’une plaque d’athérome (dépôt de graisse au niveau de la paroi vasculaire) obstrue la lumière d’une des branches de l’artère coronaire. Cette obstruction est responsable d’une diminution plus ou moins importante du flux sanguin vers la zone concernée.
La partie qui n’est plus vascularisée souffre et meurt, d’où une destruction du muscle cardiaque. Elle évolue de l'intérieur du cœur vers l'extérieur et du centre de la nécrose vers la périphérie. 50% de la zone qui n'est plus approvisionnée en oxygène est détruite en 2heures, 100% en 4 à 6heures. Cette vitesse est variable d'un individu à l'autre.
  
Signes et Symptômes
Très souvent les symptômes d’un infarctus du myocarde ne sont pas caractéristiques. Mais nous retiendrons :  
Irradiation des douleurs lors d'un IM
  • Des douleurs dans la poitrine, simulant un poids ou une barre posés sur le sternum, d'une intensité très variable (minime ou intolérable), pouvant durer quelques minutes ou quelques heures. Elles surviennent le plus souvent au repos et s'accompagnent d'une difficulté à respirer.
  • Des douleurs se propageant à la mâchoire, au bras gauche, et au petit doigt de la main gauche
  • Elles peuvent s’associer à une diaphorèse, des nausées, des vomissements, un hoquet ou même une fièvre discrète.
  • Certaines fois, les symptômes sont réduits à une douleur dans le bras, isolée, ou à une simple pesanteur au niveau de la poitrine


Mais aussi, on doit signaler que près d’un quart (1/4) des cas d’infarctus du myocarde est silencieux.

Diagnostic
L’Électrocardiogramme (ECG) aide beaucoup au diagnostic. Les examens de laboratoire : Troponines-sériques, créatinine-phosphokinase (CPK), lacticodéshydrogénase (LDH), TNF-A (Tumor Necrosis Factor Alpha) sont aussi très importants.
Les examens d’imagerie : La radiologie, l’échographie bidimensionnelle, l’IRM ne doivent pas être négligés.


Prise en charge
La prise en charge d’un infarctus du myocarde se fait en milieu hospitalier. Mais très souvent les crises surviennent en dehors du milieu hospitalier, dans la rue ou à la maison, que doit-on faire ?
Sur place
  • Appeler les urgences
  • Administration d’un vasodilatateur (Nitroglycérine en sublinguale)
  • Prescription d'un médicament contre la douleur

En millieu hospitalier
  • Administration d’anticoagulant à base d'héparine
  • Administration d’antiagrégant plaquettaire basé sur la prescription de Clopidogrel associée à de l'aspirine.
  • Utilisation des b-bloqueurs pour supprimer les ectopies ventriculaires dues à l’ischémie ou l’excès des cathécolamines
  • Administration d’IEC pour inhiber la conversion de l’Angiotensine I en Angiotensine II
  • Administration d’anti-thrombotiques pour essayer de rétablir la circulation sanguine
  • Administration d’analgésiques pour le confort du patient.

Prévention
La prévention des cas d’infarctus du myocarde passe par une lutte intensive contre les maladies cardiovasculaires, et les modifications des habitudes.
Arrêt du tabac
  • Correction de l’obésité
o Manger sainement
o  Faire de l’exercice physique
o   Perdre du poids
o   Prendre un traitement antiagrégant plaquettaire
  • Traitement de l’hypertension artérielle
        o  Prendre les médicaments normalement
  • Traitement du diabète       
o   Bonne maitrise de la glycémie
o   Réduction de l’IMC, du tour de taille, du rapport taille/hanche.
o   Baisse du taux sanguins de cholestérol

Pour des urgences en Haïti, appelez le 116
La journée mondiale du coeur est célébrée le 29 septembre

Dyemy Dumerjuste
D4-fmss-UNDH

Références  

HISTOIRE DE LA MEDECINE EN HAÏTI


Les leçons de l’histoire s’apprennent en se rendant compte de son caractère dynamique. Celle de la médecine haïtienne et des prestations de soins de santé en Haïti ne s’écarte pas de cette démarche. Le contexte socio-économique et politique qui se modifie au fil des ans, ne cesse d’influer cette pratique médicale. Une influence directe et indirecte qui a permis de distinguer 3 grandes périodes à l’histoire de la médecine haïtienne. La première qui s’étale de 1492 à 1804 est celle de la colonie de Saint-Domingue. La seconde part de 1804 à 1864. Et enfin, on est encore à la troisième période. Chacune accuse des caractéristiques propres et détermine une approche différente de la pratique médicale.
Suite à la découverte d’Haïti et l’extinction des ‘’Indiens’’, les noirs africains ont été importés en 1503 afin d’assurer la prospérité de la colonie française. Mais c’est l’année 1698 qui verra naitre les deux premiers hôpitaux de Saint-Domingue à Léogane et au Cap-Haitien sous la direction des Frères de la Charité. Le roi Louis XV, par ses ordonnances, tenta de réglementer cette pratique médicale qui fut désormais réservée aux blancs. Mais en dépit de ces initiatives, cette période a été marquée par une forte pratique empirique basée sur les « simples », les propriétés des plantes et les sources thermales spécialement les sources puantes réputées pour la guérison de plusieurs pathologies de la peau. Parmi les plantes, on utilisait l’absinthe, le basilic, le calebassier, l’aloès et tant d’autres. Les français se sont alors appliqués à connaitre les maladies locales et les traitements appropriés. Les noirs eux, ‘’languissaient dans un affreux esclavage qui fait tous les jours frémir l’Humanité. ‘’

Tout bèt jennen mode. Alors la révolte n’a pas tardé. Elle s’est soldée par l’indépendance d’Haïti en 1804 et le massacre des français. Rappelons que les français étaient les seuls habilités à pratiquer la médecine dans la colonie de Saint-Domingue. Cette charge fut donc confiée aux noirs anciens esclaves qui viennent tout bonnement de gagner leur indépendance. L’avis du 11 avril 1818 peut témoigner de l’état des lieux : « Son Excellence le Président d’Haïti, craignant encore que des personnes exercent sans autorisation et sans les talents nécessaires l’art de guérir, et que des crédules ne deviennent les victimes de ce charlatanisme, m’a demandé de prévenir le public et les autorités locales, que toutes personnes qui se présenteraient dans les communes pour exercer la médecine ou vendre des drogues sans autorisation, devront lui être décoincées, afin que des mesures répressives et tendant au Bien Public soient prises contre elles, pour les empêcher de faire le mal. » Afin de palier à ce problème, le président Boyer fonda en 1823 l’Académie Haïtienne qui a vu naitre la première école de médecine. Malheureusement le faible niveau éducatif des haïtiens aspirants à être médecins a condamné cette initiative à l’échec. Et la pratique médicale est consécutivement réduite au traitement traditionnel des maladies.

Hôpital Asile Français
C’est l’année 1864 qui marqua le tournant de la médecine haïtienne. Le président Geffrard réorganisa l’école de médecine avec des professeurs haïtiens et étrangers venus des universités françaises. Le cursus universitaire n’avait rien à envier aux grandes universités étrangères. C’est dans ce contexte de progrès qu’ont vu le jour :

  • L’Hôpital St-Vincent de Paul en 1870
  • L’Asile français en 1878
  • L’Hôpital Saint François de Salles en 1885
  • L’Hôpital Justinien du Cap-Haitien en 1890


Le docteur Léon Audain introduisit la grande chirurgie dans la pratique médicale haïtienne pour le bien de toute une population. En 1922, sous l’occupation américaine, l’hôpital militaire est transformé en Hôpital général. Encore un grand pas dans le monde de la médecine scientifique. Des lois et décret-loi ont été adoptés pour réglementer cette nouvelle pratique médicale.

Tout ceci nous amena vers des résultats plus que satisfaisants. Autour des années 1986-1987, le pays compta 1 médecin pour 5 600 habitants, 359 établissements de santé. Pour l’exercice 1987-1988, le budget du Ministère de la Sante s’élevait à 29 200 000 dollars américains. L’espérance de vie de la population était de 54 ans avec un taux de mortalité générale de 14 pour 1 000. D’énormes progrès si on constate les épidémies qu'on a vaincu ou contenu : la polio, le pian, la rougeole, la tuberculose etc...

Malheureusement rien n’est acquis. Le contexte a rapidement évolué à partir des années 1990. Politiquement, socialement, économiquement, le pays a subi des modifications en profondeur. Ce qui a laissé des marques sur nos vies et assurément sur notre manière d’exercer la médecine. Le mode de vie s’est transformé radicalement occasionnant l’explosion de maladies dites de civilisation. Par exemple, les cas de cancer qui ne cessent de nous intriguer. Il est devenu plus que jamais évident que la médecine et sa pratique sont influencées par l’économie, la politique, l’environnement, la sociologie, la culture, même les émotions qui véhiculent dans la société. La prévention est l’arme la plus puissante face à cette nouvelle ère. Elle passe essentiellement par l’éducation pour une prise de conscience collective. Le médecin haïtien aujourd’hui, dans sa pratique, est confronté à un engagement social et parfois politique. En peu de mots, un engagement humain!

Moise Kenny
D4-fmss-UNDH
@kennymoise on twitter

 Référence
  • Jean Claude Delbeau. Société, culture et Medecine populaire traditionnelle. 1990


mercredi 12 septembre 2012

LA TUBERCULOSE

Mise à jour le 22/03/2013


La tuberculose est une maladie infectieuse causée par le Mycobactérium tuberculosis (encore appelé bacille tuberculeux ou bacille de Koch). Cette maladie touche particulièrement les poumons mais peut aussi toucher divers autres organes.

La tuberculose est l’une des maladies les plus meurtrières au monde. En 2011, on estimait à 8,7 millions le nombre de nouveaux cas de tuberculose (dont 13 % co-infectés par le VIH) et 1,4 million de personnes sont décédées de cette maladie, dont près d’un million séronégatives pour le VIH et 430 000 séropositives. La tuberculose fait partie des premières causes de mortalité chez les femmes, avec 300 000 décès chez les femmes séronégatives pour le VIH et 200 000 décès chez les femmes séropositives en 2011.[1] En 2011, 630 000 cas de tuberculose multi-résistante ont été enregistrés dans le monde.
Plus de 95% des décès par tuberculose se produisent dans les pays en voie de développement. L’infection au VIH favorise la survenue de la tuberculose, chacune de ces pathologies accélèrent la progression de l’autre.[2] La tuberculose est une cause majeure de décès chez les personnes vivant avec le VIH et est responsable d’un quart de tous les décès.  Les personnes qui sont infectées à la fois par le VIH et par la tuberculose ont 21 à 34 fois plus de risques de développer la tuberculose. Le risque de développer une tuberculose active est également plus grand chez les personnes qui souffrent d’autres affections qui affaiblissent leur système immunitaire.
Le tabagisme accroît fortement le risque de tuberculose et de décès. Plus de 20% des cas de tuberculose dans le monde peuvent être attribués au tabagisme.

En Haïti, la tuberculose est un grave problème de santé publique. En 2011, l'incidence de la tuberculose en Haïti était estimé à 222 nouveaux cas pour 100,000 habitants; c’est l’une des plus fortes en Amérique. Voir plus de données sur Haïti[3]

Immune responses to tuberculosis in developing countries: implications for new vaccines
TRANSMISSION DE LA TUBERCULOSE
La transmission de la tuberculose se fait par voie aérienne :
Lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue, de minuscules gouttelettes contenant les germes sont projetées dans l'air.
Ces gouttelettes en suspension (renfermant la bactérie) sont inhalées par les personnes se trouvant à proximité. L’inhalation peut être par le nez et/ou par la bouche.
Les germes inhalés descendent le long de la trachée et des bronches et atteignent ensuite les poumons qui constituent alors le foyer initial.
A partir des poumons, les bactéries peuvent être disséminées par la circulation sanguine vers d'autres régions de l'organisme.
Cependant, toutes les personnes infectées par le bacille tuberculeux ne vont pas développer la maladie.

On distingue 2 formes de la tuberculose :
  • Une forme latente 
  • Une forme active

TUBERCULOSE LATENTE
Près d’un tiers de la population mondiale est atteinte de tuberculose latente. Dans cette forme de la maladie, le germe vit dans l’organisme sans causer de dommages. C’est ce qu’on observe chez une personne immunocompétente qui a été infectée par le bacille tuberculeux. Son système immunitaire est assez puissant pour combattre le germe et empêcher sa multiplication. Elle ne présente pas de symptômes et ne peut pas transmettre la maladie.

TUBERCULOSE ACTIVE
Elle survient sur un terrain d’immunodépression (personnes vivant avec le VIH, ou un cancer, les personnes souffrant de malnutrition ou de diabète, ou encore les fumeurs, …). Le bacille tuberculeux se multiplie rapidement dans l’organisme, la personne devient malade et peut transmettre la maladie à son entourage.

SYMPTÔMES
Pour de nombreuses personnes, la forme active de la tuberculose survient seulement quelques semaines après l’infection. Les manifestations sont :
  • Toux évoluant depuis plus de 3 semaines
  • Fièvre
  • Sueurs nocturnes
  • Perte de poids
  • La fatigue/faiblesse, la perte d’appétit, les douleurs thoraciques, les hémoptysies sont parmi les autres signes et symptômes non constants de la tuberculose.


MANIFESTATIONS EXTRA-PULMONAIRES DE LA TUBERCULOSE
La tuberculose extra-pulmonaire désigne toutes les autres localisations de la tuberculose en dehors des poumons. On distingue : 
Autres tuberculoses thoraciques
  • Pleurésie tuberculeuse 
  • Tuberculose médiastinale
  • Tuberculoses extra-thoraciques 
Tuberculose ganglionnaire 
C’est la plus fréquente des localisations extra-thoraciques (environ 20 % des cas
Tuberculose uro-génitale
La maladie est souvent uro-génitale chez l’homme, elle peut être génitale exclusive chez la femme, responsable de douleurs pelviennes, de troubles menstruels, de stérilité.
Tuberculose ostéo-articulaire 
Les grosses articulations et le rachis sont le plus souvent atteints, mais le reste du squelette aussi …
Tuberculose cérébro-méningée 
La méningite tuberculeuse est particulièrement à redouter dans le décours d’une primo-infection chez l’enfant.
Tuberculose abdominale : Les manifestations cliniques dépendent de l’organe atteint :
Tuberculose iléo-caecale : plus rarement colique ou rectale,
Tuberculose péritonéale : douloureuse, coexistant avec une ascite fréquente.

Miliaire tuberculeuse 
Elle est le résultat d’une dissémination hématogène du BK sous la forme de granulomes de 1 à 2 mm de diamètre rappelant le grain de mil, disséminés dans tout l’organisme.


MOYENS DIAGNOSTIC

Bacilloscopie
L’examen microscopique des expectorations est de loin le plus fiable et le moins coûteux pour le diagnostic des cas de tuberculose pulmonaire. En général, 5 à 10% des sujets examinés ont des expectorations positives. En Haïti, ce taux est de 10%.

Radiographie du Thorax
La radiographie du thorax est une méthode de diagnostic secondaire sensible mais peu spécifique qui a comme désavantages son coût élevé et la discordance d’interprétation.
Test à la Tuberculine
Généralement ce test est positif c’est-à-dire supérieur à 10 mm. Chez le patient VIH+, le seuil de positivité est de 5mm. Dans certaines formes avancées de tuberculose et dans les cas de SIDA, le test peut être négatif.

Culture
C’est le seul examen qui permet de poser avec certitude le diagnostic de la tuberculose.

LA TUBERCULOSE MULTIRESISTANTE (TB/MDR)

La tuberculose multirésistante (MR) est une tuberculose contre laquelle l’isoniazide et la rifampicine, les deux antituberculeux les plus puissants, ne sont pas efficaces. Sa prévalence n’est pas bien connue en Haïti. Il existe deux types de TB/MDR

La Tuberculose/MDR Primaire ou Initiale
Le malade est infecté par une souche de bacilles déjà résistants à l’INH et à la Rifampicine. C’est une cause d’échec au traitement de catégorie I même quand il est bien supervisé.

La Tuberculose/MDR Secondaire ou Acquise
La multi résistance se développe alors qu’il reçoit le traitement antituberculeux; la multi résistance s’est développée soit parce que le patient est incorrectement traité soit parce qu’il n’est pas capable d’adhérer au régime de traitement prescrit.[4]

TRAITEMENT

La tuberculose peut être soignée et guérie. Le traitement peut s’étendre sur 6 mois à un an pour la tuberculose sensible et évolutive. On dispose de 5 médicaments antituberculeux majeurs : Rifampicine (R), Izoniazide (H), Ethambutol (E), Streptomycine (S), Pyrazinamide (Z). Pris normalement, l’état général s’améliore très rapidement. Cependant la prise en charge de la tuberculose multirésistante reste assez difficile et coûte beau plus chère.

En Haïti, le PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE (PNLT) est l’organe moteur de la lutte contre la tuberculose. Il a pour mission d’assurer que tout malade atteint de tuberculose ait pleinement accès au diagnostic et à un traitement de qualité pour diminuer le fardeau social, économique et d’inégalité qu’impose la tuberculose.  Actuellement 294 établissements de santé prennent en charge la tuberculose.
Pour la prise en charge, on associe les médicaments sur une période temps bien déterminé et aussi en fonction de l’état du patient.

Catégorie 1 : 2RHEZ/4RH
Il est destiné aux nouveaux cas de tuberculose pulmonaire à frottis positifs ou négatifs et de tuberculose extra pulmonaire
2RHEZ/4RH
Ce schéma traduit un traitement sur 6 mois.
La phase intensive dure 2 mois avec  4 médicaments : Rifampicine (R), Izoniazide (H), Ethambutol (E), Pyrazinamide (Z) 
La phase de maintien qui dure 4 mois avec Rifampicine (R), Izoniazide (H)

Catégorie 2 :
Ce schéma de retraitement est destiné aux cas de tuberculose qui ont été traités anterieurement : rechutes, échecs, abandons.
2SRHEZ/1RHEZ/5RHE
Il traduit un traitement sur 8 mois.
Phase intensive qui dure 2 mois avec 5 médicaments : Streptomycine (S), Rifampicine (R), Izoniazide (H), Ethambutol (E), Pyrazinamide (Z) 
Phase intermédiaire qui dure 1 mois avec 4 médicaments : Rifampicine (R), Izoniazide (H), Ethambutol (E), Pyrazinamide (Z) ;
Phase de maintien pour une durée de 5 mois avec 3 médicaments : Rifampicine (R), Izoniazide (H), Ethambutol (E)[5]

Journée mondiale de de lutte contre la tuberculose, plus de tuberculose de mon vivant
PRÉVENTION
Elle comporte les volets suivants :
  • Traitement les patients contagieux.
  • Dépistage les sujets infectés.
  • Traitement des sujets-contact.
  • Vaccination BCG.

 24 mars : Journée mondiale de la lutte contre la tuberculose

TRETMAN TIBEKILOZ LAN FET NAN PLIS KE 294 SANT NAN PEYI E LI GRATIS, SIW PREZANTE SIY NOU TE SITE PI WO YO. AL NAN SANT KI PI PRE'W LAN. MEDIKAMAN YO GRATIS
Dyemy Dumerjuste
DIV-fmss-UNDH
Twitter : @DyemyMD




[1] Rapport OMS 2011 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde. Genève: Organisation mondiale de la Santé; 2011 (WHO/HTM/TB/2011.16).

[2] Sharma, S. K., Alladi Mohan, and Tamilarasu Kadhiravan. "HIV-TB co-infection: epidemiology, diagnosis & management." Indian Journal of Medical Research121.4 (2005): 550-567.

[3] World Health Organization. TB country profile: Haiti. Consulté le 22 mars 2013  à 18 :06.  Disponible Online: https://extranet.who.int/sree/Reportsop=Replet&name=%2FWHO_HQ_Reports%2FG2%2FPROD%2FEXT%2FTBCountryProfile&ISO2=HT&LAN=EN&outtype=html

[4] Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Programme National de Lutte contre la Tuberculose – Norme de prise en charge de la tuberculose multirésistante. Haïti. Consulté le 22 mars 2013. Disponible en ligne : http://www.crudem.org/wp-content/uploads/2012/01/HAITI-MDR-TB-GUIDELINES.pdf

[5] Ministère de la santé publique et de la population. Manuel de Normes du Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT). Haïti. Consulté le 22 mars 2013. Disponible en ligne : http://www.mspp.gouv.ht/site/download.php?file=downloads/Manuel%20de%20normes%20PNLT.pdf

POISSON CUIVRE : MYTHE ET REALITE



 Dr Jean-Claude Carre

La présence de neurotoxines dans certaines espèces de poisson constitue un problème environnemental et sanitaire sérieux dans les Caraïbes notamment en Haïti. De plus en plus de personnes se retrouvent intoxiqués et nombre d'entre eux en gardent d'amers souvenirs qu'ils portent avec eux pour le restant de leur vie.
Certes, le pourcentage de cas mortels reste limité. Cependant, les signes d'empoisonnement peuvent durer plusieurs jours. Toutefois, dans des cas qui se sont révélés graves, les symptômes neurologiques peuvent persister pendant des semaines et parfois jusqu'à même des mois.
En Haïti, le thème poisson cuivré est utilisé à tort et à travers. Car il s'agit, le plus souvent, d'espèces contaminées après s'être nourries d'algues toxiques. Ces algues connues sous le nom de ciguatera poussent ordinairement sur les récifs coralliens. Il s'agit de micro-algues unicellulaires de la famille des dinoflagellés.
Certains métaux lourds tels que les dérivés organiques du mercure ont, certes, déjà causé des dégâts importants parmi les pays grands consommateurs de poissons comme le Japon. Des projets d'études approfondies y relatives ont été élaborées par le Ministère de l'Environnement.
Elles seront lancées en Haïti au début de l'année prochaine en collaboration avec l'Agence Internationale de l'Energie Atomique. Une étude réalisée par l'OPS/OMS sous la supervision du Dr Jean Claude Carré révèle une présence importante de mercure (jusqu'à 280%) dans les eaux usées rejetées au bord de mer par des usines de peintures.

De nombreuses intoxications sont également causées par des histamines et des substances similaires. Les bactéries courantes de poisson peuvent créer des quantités importantes de toxines après sa mort en cas d'absence ou tout simplement d'insuffisance de réfrigération.

Inventaire des poissons à risque
Un inventaire des poissons à risque a été réalisé par un groupe de chercheurs de Polynésie. Il se trouve que cette démarche a été particulièrement malaisée. Elle l'est d'autant plus que certaines espèces peuvent être toxiques et non toxiques à la fois. Le risque de toxicité va dépendre du lieu où ils sont pêchés.
A un endroit, ils peuvent être parfaitement comestibles. A un autre par contre, ils peuvent être mortellement toxiques. L'intoxication dépendrait-elle alors du site de pêche? Dans ce cas, la toxicité est-elle d'origine naturelle (coraux, algues, microbes...) ou est-elle liée à la pollution des lagons? Ces questions sont donc à l'étude. Et aucun élément de réponse appropriée n'a été jusqu'ici trouvée. C'est donc une preuve patente de l'ampleur du problème.
Un fait est cependant certain. Ces algues, vivant particulièrement sur les récifs, secrètent la ciguatoxine. C'est un produit chimique (polyéther cyclique). Il passe dans la chaîne alimentaire lorsque des poissons de récif sont mangés par de plus grands poissons carnivores que les humains vont à leur tour consommer.
Les espèces les plus souvent mises en cause sont le barracuda, la murène, le mérou, le vivaneau rouge, le saumon d'un an en mer, l'esturgeon et le bar commun. La présence de poissons toxiques est sporadique. Mais il faut bien faire attention. Ce ne sont pas tous les poissons d'une espèce donnée ou d'un endroit précis qui s'avèrent toxiques.
La toxine peut se retrouver dans n'importe quelle partie du corps du poisson. Néanmoins, elle est généralement localisée dans des parties telles la tête, les viscères, les œufs et le foie. A l'instar du venin, elle est inoffensive pour les poissons porteurs. Pourtant, elle se révèle un poison fort souvent mortel pour les humains.
Cas et symptômes d'intoxication
La ciguatoxine n'est pas détruite par la congélation, la cuisson ou tout autre procédé de transformation du poisson. Elle est inodore et n'altère ni son goût ni son apparence. Il est donc impossible de déterminer si le poisson est contaminé par la toxine.
On rapporte plusieurs dizaines de milliers de cas de ciguatera par année. Ils sont plus fréquents dans des zones endémiques des océans Pacifique et Indien ainsi que dans la mer des Antilles. Les symptômes de la ciguatera sont d'ordre gastro-intestinal et neurologique.
Ils se manifestent généralement dans un intervalle de 1 à 6 heures après la consommation du poisson contaminé. Ils peuvent s'accroître au cours des heures qui suivent. Les symptômes typiques sont : de la diarrhée, des vomissements, des douleurs abdominales, des bouffées de chaleur et des sensations de froid en alternance, des sensations de picotement dans la bouche ou les jambes et des douleurs ou des faiblesses aux jambes.

Dans les cas d'intoxication grave, le sujet peut souffrir de retentissements cardiovasculaires (diminution du rythme cardiaque, baisse de la tension artérielle). Le traitement est symptomatique. Un régime alimentaire sans poisson ni protéines animales permet généralement d'éviter une rechute clinique. Le pronostic est favorable en général sauf sur terrain fragile (enfants et vieillards).
La consommation d'alcool ou de noix peut exacerber les symptômes d'empoisonnement. À ce jour, il n'existe encore aucun test clinique pour diagnostiquer la ciguatera chez les humains. Cependant, il est possible de confirmer le diagnostic en détectant la présence de toxine dans le poisson. Des kits d'immunoassays ( ELISA par ex.) sont disponibles et permettent la détermination des diverses toxines dans l'eau, le poisson et autres fruits de mer.

Traitement de soutien
S'il s'avère nécessaire, les mesures pour pallier ce type d'empoisonnement consistent en un traitement de soutien. Elles visent essentiellement à atténuer les symptômes. L'absorption de neurotropes, tels que des doses concentrées de vitamines B (B1, B6 et B12, appelés Neurobion et/ou Neurorubine Forte) parvient souvent à diminuer les douleurs abdominales de manière significative. Fort malheureusement, rares sont les médecins, notamment en Haïti, qui sont familiers à la ciguatoxine.
Les expériences réalisées en laboratoire ont révélé que les ciguatoxines agissent sur les cellules nerveuses et musculaires. Ils se fixent sur les canaux sodiques. Ce sont ces canaux qui assurent le transfert du signal nerveux en permettant l'entrée d'ions sodium. Ce transfert se trouve donc perturbé. Chaque ciguatoxine à une affinité différente pour ces canaux sodiques des membranes.
La ciguatera est un problème qui touche à la fois la pêche et la santé humaine. La découverte d'un tel poison remonte à plus de quatre siècles. Ceci n'empêche que bon nombre de gens ont fini par "vivre avec" cette intoxication. C'est, de toute évidence, un risque inhérent à la consommation de poissons.
Le nombre de cas graves n'est, parait-il, pas suffisamment élevé en Haïti. Nous pouvons déduire que c'est du moins ce qui retarde une réaction politique au niveau local. Et l'incidence précise de ces intoxications sur la vie sociale reste indéterminée. L'absence de statistiques fiables et l'inexistence de travaux de recherche ne permettent pas d'évaluer l'ampleur d'une telle problématique. Il faudra s'attendre à une augmentation du nombre de cas de ciguatera, parce que les coraux morts constituent un milieu favorable de prolifération des dinoflagellés. Or, des études révèlent que de plus en plus de récifs coralliens sont malades ou meurent.

Mesures d'accompagnement
Cependant, suite à de nombreux travaux réalisés au niveau régional (Amérique Centrale et Caraïbes) , l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a reconnu la gravité du problème (de nombreux touristes et coopérants étrangers sont régulièrement victimes d'intoxications au poisson).
C'est ainsi qu'Haïti fut invitée par le biais du Ministère de l'Environnement à prendre part, en juillet 2008, à un atelier de travail qui s'est tenu au Chili. L'une des résolutions consistent à la mise en œuvre d'un système de surveillance biologique (Biomonitoring) des fruits de mer et l'utilisation de techniques (marqueurs) isotopiques. Cette activité devrait faciliter le contrôle des intoxications par les poissons contenant la ciguatera.

D'ici deux années, le Ministère de l'Environnement, avec l'aide de l'AIEA, compte bien pouvoir doter le pays d'un réseau national de contrôle afin de sécuriser les fruits de mer.
L'objectif principal de cette opération est de parvenir ainsi à une réduction significative du nombre de cas d'intoxications notamment par la ciguatera. Des programmes de prophylaxie préalablement établis contribueront activement à trouver des antidotes appropriés en vue d'atteindre cet objectif.

Dr. Jean Claude Carré Ing.Chim
Ministère de l'Environnement
Jclaude_carre@hotmail.com


Sources : 
http://www.haitiwebs.com/showthread.php?t=51617